AESH et TND : quel rôle pour accompagner un enfant avec un TDAH, TSA ou des troubles Dys à l’école ?
Lorsqu’un enfant présente un Trouble du Neurodéveloppement (TND), sa scolarité peut nécessiter des adaptations particulières.
Pour certains enfants, ces adaptations peuvent notamment passer par l’intervention d’un AESH, accompagnant d’élève en situation de handicap.
Mais quel est exactement le rôle d’un AESH ?Est-il systématiquement nécessaire lorsqu’un enfant présente un TDAH, un TSA ou un trouble Dys ?Que peut-il faire concrètement ? Et surtout, quelle place peut-il avoir aux côtés de l’enfant, de sa famille et des différents professionnels qui l’accompagnent ?
Ces questions sont importantes pour mieux comprendre le parcours de l’enfant et éviter une confusion fréquente : un AESH n’est pas là pour faire à la place de l’enfant, mais pour favoriser son autonomie et son accès aux apprentissages.
Qu’est-ce qu’un AESH ?
AESH signifie Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap.
L’AESH est un professionnel de l’Éducation nationale chargé d’apporter une aide humaine à des élèves en situation de handicap.
Son objectif est notamment de favoriser l’autonomie de l’élève, son accès aux apprentissages et sa participation à la vie scolaire. Il intervient sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant et ne se substitue pas à celui-ci.
Les missions de l’AESH peuvent concerner trois grands domaines :
les actes de la vie quotidienne ;
l’accès aux activités d’apprentissage ;
la vie sociale et relationnelle.
L'accompagnement peut être individuel, mutualisé ou collectif, notamment dans le cadre d'une ULIS.
L’AESH peut donc intervenir de différentes manières selon les besoins de l’élève.
Un enfant avec TND a-t-il forcément besoin d’un AESH ?
Non.
La présence d’un TND ne signifie pas automatiquement qu’un enfant doit bénéficier d’un accompagnement humain.
Les TND regroupent des profils très différents. Deux enfants ayant le même diagnostic peuvent avoir des besoins très différents dans leur quotidien scolaire.
Un enfant présentant un TDAH peut par exemple avoir principalement besoin d’aménagements pédagogiques et d’un environnement permettant de limiter les distracteurs.
Un autre enfant pourra rencontrer des difficultés beaucoup plus importantes dans la gestion des consignes, l’organisation, les transitions ou l’autonomie et nécessiter une aide humaine.
La Haute Autorité de Santé précise d'ailleurs, dans ses recommandations concernant le TDAH chez l’enfant et l’adolescent, que la présence d’un AESH peut être utile lorsque le retentissement scolaire est important ou lorsque les symptômes restent sévères. En revanche, elle n’est pas recommandée systématiquement pour un TDAH isolé léger ou modéré.
Il n’existe donc pas de réponse unique : c’est bien l’évaluation des besoins de l’enfant qui doit guider les adaptations.
AESH et TDAH : quelles peuvent être les difficultés rencontrées ?
Le TDAH peut notamment s’accompagner de difficultés concernant l’attention, l’inhibition, la mémoire de travail, la gestion du temps ou encore certaines fonctions exécutives.
À l’école, cela peut se traduire par des situations très concrètes.
Par exemple :
« Il connaît la consigne mais ne la réalise pas. »
« Il commence son exercice puis se disperse. »
« Il oublie ce qu’il devait faire. »
« Il se lève sans demander. »
« Il sait qu’il doit attendre mais intervient quand même. »
« Il ne pense pas à sortir son matériel. »
Ces comportements peuvent facilement être interprétés comme un manque de volonté, de motivation ou d’effort.
Pourtant, certaines difficultés peuvent être liées au fonctionnement cognitif de l’enfant et notamment à ses fonctions exécutives.
L’accompagnement doit alors chercher à rendre la tâche plus accessible, plutôt qu'à simplement demander à l'enfant de « faire un effort ».
La HAS recommande notamment, dans le cadre du TDAH, des adaptations pédagogiques comme des consignes courtes et claires ou la présentation d’un exercice à la fois.
AESH et TSA : une aide qui peut aussi concerner les interactions et les transitions
Pour un enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), les besoins peuvent être très différents d’un enfant à l’autre.
Certains enfants peuvent notamment rencontrer des difficultés concernant :
la compréhension de certaines situations sociales ;
les changements et les transitions ;
les imprévus ;
la communication ;
les interactions avec les autres élèves ;
certaines particularités sensorielles ;
l'organisation de la journée scolaire.
L’accompagnement humain peut alors contribuer à faciliter l’accès de l’enfant aux différentes activités et à favoriser progressivement son autonomie.
Mais là encore, l’objectif n’est pas de faire systématiquement à la place de l’enfant.
L’AESH peut apporter un étayage lorsque cela est nécessaire, tout en cherchant à permettre à l’élève de réaliser lui-même ce qu’il est capable de faire.
Et pour les enfants présentant un trouble Dys ?
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages peuvent également avoir des conséquences importantes sur la scolarité.
Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, trouble développemental du langage…
Là encore, les besoins peuvent être très différents selon le trouble concerné et selon le profil de l’enfant.
Un enfant peut avoir besoin d’adaptations pédagogiques sans nécessiter d’aide humaine.
D’autres situations peuvent justifier des besoins plus importants.
Il est donc important de ne pas raisonner uniquement à partir du diagnostic :
« Il est dyslexique, donc il lui faut un AESH. »
mais plutôt :
« Quelles sont les difficultés concrètes rencontrées par cet enfant dans sa scolarité et de quelles adaptations a-t-il besoin ? »
AESH, PAP, PPS, MDPH : comment s’y retrouver ?
C’est une question qui revient souvent chez les familles.
Tous les enfants présentant un TND ne relèvent pas nécessairement d’un PPS.
Le PAP, plan d’accompagnement personnalisé, peut notamment permettre de formaliser des adaptations pédagogiques pour certains élèves présentant des troubles des apprentissages ou d’autres difficultés durables.
Le PPS, projet personnalisé de scolarisation, concerne quant à lui les élèves reconnus en situation de handicap lorsque leur situation nécessite notamment des mesures de compensation et des adaptations relevant d’une décision de la CDAPH.
Le PPS peut notamment préciser les aménagements matériels ou l’accompagnement humain nécessaires.
Lorsqu’une aide humaine est notifiée, la CDAPH peut notamment décider d’une aide individuelle ou d’une aide mutualisée.
Le parcours scolaire d’un enfant avec TND ne se résume donc pas à la question :
« A-t-il un AESH ou non ? »
Il faut regarder l’ensemble de ses besoins et les réponses qui peuvent être mobilisées.
AESH et professionnels qui accompagnent l’enfant : pourquoi travailler ensemble ?
Un enfant avec TND peut être accompagné par différents professionnels.
Parents, enseignants, AESH, psychologue, neuropsychologue, orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, médecin, éducateur spécialisé…
Et parfois également un sophrologue.
Chaque professionnel intervient dans son propre champ de compétences.
Pour un sophrologue spécialisé dans l’accompagnement des TND, comprendre le fonctionnement de l’enfant dans son environnement scolaire peut être particulièrement intéressant.
Par exemple, un enfant peut être capable de réaliser un exercice de relaxation dans un cabinet calme et individuel, mais rencontrer de grandes difficultés à mobiliser certaines stratégies lorsqu’il est en classe.
À l’inverse, certaines stratégies utilisées à l’école peuvent donner des informations intéressantes pour réfléchir à la manière de proposer les exercices en séance.
L’objectif n’est pas que chaque professionnel intervienne à la place des autres, mais que chacun puisse mieux comprendre les besoins de l’enfant.
C’est d’ailleurs une dimension importante de l’accompagnement des TND : travailler dans une logique de complémentarité et respecter le rôle de chaque professionnel. Le réseau des sophrologues spécialisés en TND inscrit notamment la pluridisciplinarité dans sa charte.
Le sophrologue peut-il travailler directement avec l’AESH ?
Il faut ici rester très clair sur les rôles de chacun.
Le sophrologue n’a pas vocation à donner des consignes à l’AESH concernant son travail au sein de l’école, pas plus que l’AESH n’a vocation à intervenir dans la conduite d’une séance de sophrologie.
En revanche, les échanges entre professionnels peuvent permettre une meilleure compréhension du fonctionnement de l’enfant, lorsque le cadre de partage d’informations est respecté.
Par exemple, le sophrologue peut identifier qu’un enfant semble particulièrement en difficulté lors des changements d’activité. Il peut mettre à disposition les outils travaillés en séance pour que l'AESH aide l'enfant à les utiliser à des moments propices.
Ces observations peuvent alors contribuer à mieux comprendre les situations qui mettent l’enfant en difficulté et à réfléchir, chacun dans son champ de compétences, aux adaptations possibles.
L’AESH ne « règle » pas les difficultés liées au TND
C’est un point important.
La présence d’un AESH peut représenter une aide précieuse pour certains élèves, mais elle ne constitue pas à elle seule une réponse à l’ensemble des difficultés liées au TND.
Le rapport publié en 2026 par l’Inspection générale de l'Éducation, du Sport et de la Recherche et l’Inspection générale des Affaires sociales souligne d’ailleurs les limites actuelles d’un système d’école inclusive reposant fortement sur l’aide humaine et préconise notamment un développement plus important de l’accessibilité pédagogique.
L’enjeu est donc plus large :
comment rendre l’environnement scolaire accessible aux besoins de l’enfant ?
L’AESH peut faire partie des réponses.
Mais les adaptations pédagogiques, l’organisation de l’environnement, les outils, les modalités de communication et la formation des professionnels ont également leur importance.
Une présence qui doit favoriser l’autonomie
L’un des points essentiels du rôle de l’AESH est finalement celui-ci :
accompagner sans faire à la place.
L’Éducation nationale précise que les AESH ont vocation à favoriser l’autonomie de l’élève, sans se substituer à lui dans la mesure du possible.
Cette notion d’autonomie est particulièrement importante lorsqu’on accompagne un enfant présentant un TND.
L’objectif n’est pas nécessairement que l’enfant fasse exactement les choses comme les autres élèves.
L’objectif peut être de lui permettre de trouver des stratégies qui lui permettent de participer, d'apprendre et de gagner progressivement en autonomie, en tenant compte de son fonctionnement.
Et après l’école ?
Lorsqu’on accompagne un enfant avec TND, il peut être tentant de chercher une méthode unique qui fonctionnerait dans toutes les situations.
Mais l’enfant ne fonctionne pas de la même manière partout.
À l’école, à la maison, chez le professionnel qui l’accompagne ou dans ses activités extrascolaires, les exigences et l’environnement sont différents.
C’est pourquoi il peut être intéressant, pour les professionnels qui accompagnent ces enfants, de chercher à comprendre ce qui facilite ou complique leur participation dans les différents environnements.
Pour un sophrologue, ces observations peuvent notamment aider à adapter :
la durée des exercices ;
les consignes ;
le rythme de la séance ;
les supports utilisés ;
les temps de transition ;
l’environnement sensoriel ;
la manière de présenter une activité ;
les objectifs travaillés avec l’enfant.
La sophrologie ne remplace évidemment pas les accompagnements pédagogiques, éducatifs, médicaux ou paramédicaux nécessaires. Elle peut s'inscrire, lorsqu'elle est pertinente pour l'enfant, dans une approche complémentaire et adaptée à ses besoins.
À retenir
Un AESH n’est pas attribué automatiquement parce qu’un enfant présente un TND.
L’accompagnement dépend des besoins de l’enfant et des décisions prises dans le cadre de son parcours de scolarisation.
L’AESH n’est pas un enseignant. Il intervient sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant.
L’objectif n’est pas de faire à la place de l’enfant, mais de favoriser son autonomie, son accès aux apprentissages et sa participation à la vie scolaire.
Et surtout, l’AESH n’est qu’un élément parmi d’autres de l’accompagnement d’un enfant avec TND.
Une école inclusive ne repose pas uniquement sur la présence d’une personne aux côtés de l’enfant : elle repose également sur l’adaptation de l’environnement, des pratiques pédagogiques et sur la coopération entre les différents acteurs qui accompagnent l’enfant.




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